Retraites – Découvrez le courrier de Jean-Luc FLABEAU à Bruno LE MAIRE

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Retraites – Découvrez le courrier de Jean-Luc FLABEAU à Bruno LE MAIRE

A la suite des propos regrettables sur France Inter du Ministre de l’Economie et des Finances sur l’avenir de nos professions et sur les caisses de retraite des professionnels libéraux, notre syndicat a réagi fermement.

Jean-Luc FLABEAU, président du syndicat ECF, a adressé ce jour à Bruno LE MAIRE le courrier ci-après :

Objet : Réforme des retraites – Vos propos sur les caisses de retraite des professionnels libéraux

Monsieur le Ministre,

Vous êtes intervenu le 2 décembre dernier dans la matinale de France Inter et vous êtes exprimé sur le projet de réforme des retraites.

Aux micros de cette radio, vous avez essayé de justifier le projet de régime universel des retraites défendu par le gouvernement. Un régime unique et étatique plus qu’universel, comme nous vous l’avons indiqué lors de notre réunion de travail sectorielle du 21 octobre à votre ministère.

Mais nous avons été surpris par vos propos concernant nos régimes autonomes, que je me permets de reprendre dans ce courrier :

« Il y a des métiers qui vont disparaître, avec l’intelligence artificielle, l’accélération des transformations technologiques. Donc, tous ceux qui sont à l’équilibre dans leur système de retraite peuvent, d’ici 5 ou 10 ans, se retrouver en déséquilibre. Ce sont les mêmes qui se plaignent aujourd’hui, qui viendront toquer à la porte du bureau du prochain Ministre des Finances pour demander qu’on les aide à rééquilibrer leurs caisses ».

Monsieur le Ministre, permettez-moi de vous dire que votre analyse est complètement erronée. Ces arguments ne sont pas crédibles et vos propos ont choqué beaucoup de professionnels.

Les régimes autonomes de retraite regroupent les professionnels libéraux et indépendants. Beaucoup d’entre eux ont fait de longues études, ont pris des risques lors de leur installation et continuent à en prendre tout au long de leur vie professionnelle, travaillent beaucoup au service de leurs clients, contribuent fortement à l’économie de notre pays, et savent aussi s’adapter aux évolutions de leur marché comme de leur métier.

Sur le sujet d’actualité des retraites, leurs représentants ont su très bien gérer des régimes autonomes de retraite avec des excédents mis en réserve pour anticiper les évolutions démographiques des différentes professions. Ils se distinguent en cela de la gestion calamiteuse du régime général par l’Etat qui se retrouve aujourd’hui dans une impasse pour traiter ses déficits abyssaux.

Monsieur le Ministre, certains de nos métiers vont certes se transformer mais ils ne disparaîtront pas pour autant. L’intelligence artificielle, qui nous est aussi « servie à toutes les sauces », ne fera heureusement jamais disparaître l’esprit d’entreprendre dans notre pays.

Pour ce qui est de notre profession du chiffre, son avenir peut être plus impacté par des modifications réglementaires brutales initiées par le pouvoir politique que par les transformations technologiques.  Vous savez parfaitement que tel est le cas pour la profession de commissaire aux comptes libéral avec les effets de votre loi PACTE.

Les professionnels libéraux que nous sommes avons bien compris que le système unique proposé dans la réforme des retraites du gouvernement vise, en fait, à transférer les réserves des caisses autonomes au profit du régime général et des régimes spéciaux. Vous mettez en avant un régime universel pour plus de justice dans notre pays, plus de solidarité. Mais est-ce juste de sacrifier « les bons élèves au profit des mauvais » ? Est-ce juste de décourager les forces vives de notre pays que sont tous les entrepreneurs ? Quant à la solidarité, est-il utile de vous rappeler que l’ensemble des caisses autonomes des indépendants reversent déjà plus d’un milliard par an dans le cadre de la compensation généralisée vieillesse.

Qu’est devenu l’Etat start-up insufflé par le Président de la République ? Quelle motivation l’Etat donne-t-il aux entrepreneurs et professionnels libéraux ? Les professionnels du chiffre [expert-comptable et commissaire aux comptes] que notre syndicat ECF représente, sont au cœur de l’économie et quotidiennement présents auprès des entreprises de notre pays.

C’est aussi pour cela que j’ai souhaité vous adresser ce courrier qui défend à la fois notre caisse de retraite professionnelle (la CAVEC) mais aussi tous les régimes autonomes. Car, au-delà du sujet des retraites, c’est le monde entrepreneurial et libéral qui doit être défendu. Et il me semble que son premier défenseur doit être le Ministre de l’Economie et des Finances de la République.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de ma très haute considération.

Jean-Luc FLABEAU
Président de la fédération ECF

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