L’expert-comptable doit devenir l’interlocuteur central pour les PME – Découvrez l’interview et le discours de Jean-Luc Flabeau

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L’expert-comptable doit devenir l’interlocuteur central pour les PME – Découvrez l’interview et le discours de Jean-Luc Flabeau

Retrouvez l’interview accordée aux Affiches Parisiennes par Jean-Luc FLABEAU au sujet de son discours d’ouverture du Congrès ECF.

Le congrès 2018 se déroule dans un tempo un peu particulier ?

Jean-Luc Flabeau : Quand on a évoqué le thème retenu pour le congrès 2018, et intitulé donc “Mon cab aujourd’hui”, l’idée était de montrer aux congressistes que nos métiers subissent des mutations relativement importantes.
Autrement dit, comment peut-on organiser son cabinet aujourd’hui ? En utilisant les nouvelles techniques de management, d’organisation du travail les plus performantes du moment.
Et puis est arrivée l’actualité liée à la loi Pacte et la hausse des seuils d’audit pour les commissaires aux comptes.

« Nos principales missions doivent être le plus proche possible de la demande des clients, la loi Pacte et ses conséquences sur le commissariat aux comptes traduit un éloignement que la profession a pu opérer »

Notre conférence d’ouverture de congrès, intitulée « Profession comptable : vers un new deal ? », a révélé ce contexte de crise mais avait aussi pour objectif de faire émerger des pistes de réinvention. Nous avons insisté sur plusieurs sujets, notamment le numérique et la déontologie. Ces deux piliers doivent donc nous permettre d’éviter de faire des erreurs et de mettre en place de nouvelles stratégies de développement.
Aujourd’hui, nos principales missions doivent être le plus proche possible de la demande des clients, c’est-à-dire du marché. Quelque part, la loi Pacte et ses conséquences sur le commissariat aux comptes traduit un éloignement que la profession a pu opérer, dans le cadre d’une réglementation exacerbée et d’un formalisme à outrance.

Quel est le sentiment d’ECF par rapport à cette loi Pacte ?

J.-L. F. : C’est un sentiment de colère qui prédomine. Nous savions que le relèvement des seuils arriverait un jour. Ce que l’on avait demandé depuis très longtemps, du temps de la Loi de sécurité financière (LSF) en 2003, c’était d’adapter nos missions à l’évolution du marché. Cette demande récurrente n’a pas été entendue.
Aujourd’hui, le drame semble se profiler. On aurait pu anticiper pour que cela se passe mieux.
Je pense notamment à la prérogative d’exercice de l’expertise comptable qui va sûrement faire l’objet d’une remise en question à plus ou moins long terme. Il faut là encore anticiper.

Quid du numérique au sein des métiers que vous représentez ?

J.-L. F. : La digitalisation de nos professions concerne le recueil et le traitement de la data. On sait qu’il s’agit de l’or noir de l’éco.nomie de demain. Nous avons environ 20 000 confrères avec des cabinets de taille modeste pour lesquels la data sera très limitée.
Et c’est pourquoi il nous faudra mutualiser l’ensemble des données des clients pour que cela puisse être restituer à la demande des cabinets. Il faut donc créer du volume de data par cette mutualisation pour que la digitalisation des process soit accessible à tous. Il y a un vrai enjeu stratégique sur ce point.

Le risque de marginalisation des « petits » cabinets reste donc fort ?

J.-L. F. : Absolument. D’un côté, les grosses structures s’emparent de l’outil numérique à grands renforts d’investissements, notamment dans des start-up spécialisées dans le digital et de l’autre, de petits et moyens cabinets qui risquent fort d’être mis sur la touche dans ce processus de transformation numérique.

La mobilisation des experts -comptables et des commissaires aux comptes est-elle globale ?

J.-L. F. : Nous nous sommes certes mobilisés au niveau de la profession mais en ordre dispersé. Chez ECF nous avons défendu très tôt l’audit adapté auprès du Gouvernement, comme d’ailleurs la CRCC Rhône-Alpes et Olivier Arthaud. En revanche, au niveau de la Compagnie nationale, la mobilisation a été plus complexe.

« Pour l’instant, nous ne sommes pas écoutés par le Gouvernement »

À présent, le nouveau produit proposé par le réviseur légal est plus compliqué que l’audit adapté que nous avions proposé ; c’est-à-dire enlever tout le formalisme qui entoure les actes d’audit. Pour l’instant, nous ne sommes pas écoutés car il y a quand même une volonté forte du Gouvernement d’avancer.

Ce congrès reste un temps fort d’échange et de partage ?

J.-L. F. : Nous profitons de cette actualité pesante pour réfléchir et faire des propositions. L’expert-comptable, s’il se débrouille bien doit devenir l’interlocuteur principal de la PME où il peut encore mieux intervenir sur des domaines variés.
On ne peut plus être seulement dans le déclaratif contraint mais il nous faut déployer d’autres expertises, notamment avec la partie conseil. Mais encore faut-il définir ce qu’est le conseil et surtout former les collaborateurs à ces nouvelles fonctions.

 

Retrouvez cet article des Affiches Parisiennes : https://www.affiches-parisiennes.com/jean-luc-flabeau-l-expert-comptable-doit-devenir-l-interlocuteur-central-pour-les-pme-8056.html

Visionnez le discours de Jean-Luc Flabeau lors du congrès ECF de Lyon : https://www.youtube.com/watch?v=7Lo-BfA2dyY&t=3s

AGEFI : https://www.agefi.fr/corporate/actualites/quotidien/20180619/commissaires-aux-comptes-esperent-encore-faire-250291

 

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louis Louis