Mohamed LAQHILA : “Urgence, rassemblement et mobilisation générale”

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Mohamed LAQHILA : “Urgence, rassemblement et mobilisation générale”

(Édito du Président,  magazine Ouverture n°102)

Lors de la dernière réunion du bureau de la Fédération nationale, à l’issue d’un mandat frappé du sceau de l’engagement, de la disponibilité et de l’enthousiasme, Julien Tokarz a passé le relais et le bureau m’a confié la présidence de notre syndicat. Je tenais d’abord à saluer le travail qu’il a accompli et à exprimer ma reconnaissance à toute l’équipe de consœurs et de confrères volontaires, membres des instances ordinales ou militants syndicaux, qui ont œuvré à ses côtés dans un contexte difficile. Je mesure évidemment la responsabilité qui m’incombe aujourd’hui. Je la mesure d’autant plus que la période qui s’ouvre est celle de tous les dangers.

La nouvelle majorité IFEC au Conseil supérieur de l’Ordre, très clairement dominée par les Bigs, met tout en œuvre pour asphyxier les cabinets indépendants en modifiant la réglementation de notre exercice. Celui qui s’auto-proclame « nouveau patron des experts-comptables » veut transformer notre profession généraliste en une élite de quelques individus spécialistes. Charles-René Tandé, sans même concerter le Conseil supérieur, a décidé de sélectionner, de distribuer, de réglementer et de contrôler les spécialités que nos cabinets pourront ou non exercer…

Sans même évoquer la division que cela créerait entre les professionnels, cette stratégie pose questions : les experts-comptables ne sont-ils pas suffisamment formés pour déterminer ce qui est bon pour leur chiffre d’affaires ? Quel sera l’avenir de notre diplôme commun ? Quelles nouvelles contraintes infligera-t-on aux cabinets ? A qui profitera cette mesure ?

Reconnaître des compétences spécifiques n’appartient pas à l’Ordre des experts-comptables et les risques sont trop importants pour se précipiter sans réfléchir ni concerter nos consœurs et nos confrères.

La méthode est détestable, le projet est redoutable.

Mais l’entreprise de destruction ne s’arrête pas là. Parallèlement à la spécialisation, l’IFEC envisage de réformer la géographie des Conseils régionaux de l’Ordre. Dans un souci de simplification, notre tutelle a souhaité harmoniser notre carte ordinale avec les nouvelles régions administratives. Avec cynisme et machiavélisme, certains élus IFEC sont en train de profiter de cette mesure pour limiter la liberté d’actions et l’efficacité des Conseils régionaux au profit d’une multiplication de structures intermédiaires très coûteuses mais sans pouvoir réel. Ces mêmes « confrères bien intentionnés » veulent modifier la règle du jeu démocratique pour asseoir leur position. Ils veulent augmenter le nombre d’élus pour rompre l’équilibre entre les différentes régions qui assure pourtant une juste représentation des experts-comptables libéraux et des grands cabinets au sein de l’Ordre.

Le tripatouillage électoral est grotesque, la manœuvre lourde de conséquences.

Le débat démocratique n’est pas une arène où tous les coups, y compris les plus bas, sont permis. ECF refuse ces mesures extrêmement coûteuses pour les cabinets et préjudiciables pour les experts-comptables. Notre syndicat défendra jusqu’au bout la liberté d’organisation des Conseils régionaux en fonction des particularités locales, des besoins et des moyens pour proposer un service de proximité adapté aux experts-comptables.

Vous le voyez, les combats qui s’annoncent réclament plus que jamais le rassemblement et la mobilisation générale de tous ceux qui croient encore aux cabinets indépendants et à une expertise comptable à taille humaine.

Mohamed Laqhila Président de la Fédération ECF

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